mercredi 10 juin 2015

Lettre ouverte n°2 à Emmanuel Macron, Ministre de l'Économie...



Cher Emmanuel,


Je t'écris pour la deuxième fois en six mois. Aussi, puisque notre relation semble s'inscrire dans la durée et que, par le fait, nous devenons presque des copains, à défaut d'être des camarades, ce que nous pourrions être si tu étais de gauche, je me permets le tutoiement. Et, puisque nous en sommes là, laisse moi te faire une confidence : ton dernier projet pour, soi-disant, relancer l'économie en aidant les TPE-PME à embaucher, va te faire passer pour un dangereux récidiviste.

Après ma lettre ouverte du mois de décembre où je dénonçais l'inanité et les effets délétères de ta loi dite « loi Macron » (en passant, j'ai bien aimé le « Loi Maquerelle » de Laurence Ferroni ce matin sur Inter), je t'écris donc à nouveau, parce que, tu le sais, comme moi, la récidive est un facteur aggravant. Et là, il y a récidive Emmanuel...

J'ai écouté ta prestation ce matin sur France Inter... Franchement ? Si j'avais été un examinateur et toi un lycéen à un oral de bac, je t'aurais à peine mis la moyenne... Mais juste pour le style, hein, pour la réthorique, plutôt bien maitrisée, parce que sur le fond, hein, rien, « nada » (ça c'est la touche espagnole, pour Manu), aucune crédibilité, le vide intersidéral ! À ta décharge, ton examinateur de ce matin n'était pas très méchant, ce bon Patrick Cohen a fait mine de te mordiller un peu aux mollets mais guère plus. On l'a connu plus punchy...

Bref, revenons à nos moutons : les Français ! Les Français vont-ils continuer longtemps à ne pas voir derrière le ministre « socialiste », le défenseur acharné du capitalisme libéral, derrière ta jolie-petite-gueule-de-premier-de-la-classe-politique (ou de gendre idéal, au choix), l'ami des patrons, du MEDEF et de la CGPME ? Ah, il doivent être contents tes potes Gattaz et Asselin ! Tu leur sers bien la bonne soupe ! Ils vont pouvoir virer à tours de bras sans risquer que ça leur coûte un... bras, renouveler les contrats précaires et embaucher, et dépasser les seuils légaux, puis virer et repasser en dessous sans la moindre conséquence... Bref, du beau boulot de libéral pur sucre !
Et toi qui essaies de nous faire avaler ça comme plus de sécurité pour les salariés ! Alors là, chapeau ! Oui, vraiment, chapeau ! Note, t 'as raison, plus c'est énorme, et plus ça a des chances de passer, hein, faut pas y aller avec le manche... De la bonne grosse louchée, et ça passe. Tu pourrais presque donner des cours à Sarkozy... Si, si !

Bon allez soyons un peu sérieux : Comment veux tu qu'un entrepreneur individuel, qui aujourd'hui crève à moitié de faim, est harcelé par le RSI qui lui réclame des sommes invraisemblables autant qu'injustifiées, peine à trouver des clients, se fait laminer par ses concurrents plus structurés, plus installés, comment veux tu qu'il embauche un salarié juste pour une prime de 4000,00€ ? Explique moi, je pige pas !

En quoi, pour un salarié en CDD, le fait de se voir renouveler son CDD une deuxième fois est un progrès ? Je vois pas ! D'autant qu'il est aujourd'hui, pour celui qui veut embaucher, bien plus intéressant d'embaucher en CDI, ça coûte bien moins cher, et c'est sans aucun risque, puisque, s'il respecte scrupuleusement les procédures en cas de licenciement, l'employeur ne risque absolument rien ! Là non plus je pige pas...
Limiter les dommages et intérêts pour licenciement abusif ?!?!... Ça !!! Alors ça, c'est LA trouvaille, au cas où tu n'aurais pas immédiatement vu les effets pervers du truc, je te fais la traduction du message subliminal : « Toi, Patron, tu vas pouvoir virer, dans n'importe quelles conditions, sans motif réel et sérieux, ni aucun respect des procédures ni de la Loi, n'importe lequel de tes salariés ! T'es peinard, tu sais par avance combien ça va te coûter !!! Vas-y, mec, conduis toi comme un voyou, il n'y a plus aucun risque, plus aucune incertitude... Que du bon-heur ! »... Dis, vu comme ça, t'en penses quoi, Emmanuel ? Elle est pas belle la vie de patron-voyou ? Franchement, même Sarkozy, il a pas osé ! Sans compter qu'il y a toujours le recours possible à la transaction amiable, hein, c'est pas comme si le contrat de travail était gravé dans le marbre, non plus.

Alors tu vois, Emmanuel, ton plan là, on y croit pas... Ce dont les petits entrepreneurs ont besoin, c'est de boulot vois-tu, de commandes, de chantiers, de marchés. Pas de pseudo mesurettes qui au final ne servent ni l'activité, ni les entrepreneurs, ni les clients.

Tu vois, il y a ceux qui travaillent avec les particuliers... Les particuliers, il y en a de plusieurs sortes : ceux qui de toute façon gagnent tellement peu qu'ils payent même leurs courses du samedi à crédit, et puis il y a la fameuse « classe moyenne » étranglée par l'impôt, de plus en plus mal à l'aise, mais qui, bon an mal an, s'en sort toujours mieux que les premiers cités. Juste après il y a ceux qui ont un peu de pognon, ceux que tu vas définitivement dégoûter de bosser, d'entreprendre, ou d'investir, ceux qui ont fait des études et qui vont « se-barrer-de-ce-pays-de-merde » (dixit ma fille, 25 ans, ingénieur, qui n'en peu plus du climat délétère qui règne dans le pays où tout un chacun ne pense qu'à sa gueule, et où MLP capte 50% de votants aux dernières élections) et qui ne leur offre aucun avenir. Et puis il y a ceux qui ont vraiment du pognon, comme toi, Emmanuel, et pour qui finalement le fait que le coût de la vie ait été multiplié par 6,55957 depuis quinze ans n'a aucune incidence, mais qui soyons honnêtes, ne sont pas ceux qui contribuent le plus à faire tourner la machine. Tu vois, pas facile de développer du business dans ces conditions.

Et puis il y a ceux qui bossent, comme moi, avec des entreprises. Lesquelles entreprises ne dépensent plus un rond qui ne soit pas directement contributif au résultat... Moi qui suis dans la prestation de services, qui plus est tournée vers l'accompagnement des personnes, autant te dire que le caractère « directement contributif au résultat » de mes prestations est assez flou pour mes interlocuteurs. Dire que j'ai du mal à vendre mes prestations est un doux euphémisme. Je ne te parle même pas du secteur public et des « MAPA », non pas les gants, ni les assurances, les « Marchés À Procédure Adaptée » qui ne sont pas accessible à des gens comme moi : on aurait pu penser que le relèvement du plafond des marchés pouvant se faire sans appel d'offres ni publicité à 15000,00€ aurait été une bonne chose, il n'en est rien. Il favorise encore plus le copinage et le favoritisme... Quant au formalisme nécessaire au marché de plus de 15000,00€, il est un vrai frein à l'attribution de ces marchés à des petites entreprises qui pourtant en auraient vraiment besoin, cependant que les marchés en question sont trustés par de grands Groupes, qui achètent à vil prix de belles références de marchés publics.
Bref, ça reste là aussi très dur.

Alors, quoi faire ? C'est bien là la question... Ma réponse : favoriser la hausse des salaires dans les entreprises au détriment de la distribution de dividendes (mettre en œuvre la proposition de N. Sarkozy – rien que d'écrire ça, je te jure, j'en ai des boutons – d'obliger une distribution des résultats après impôts par tiers :  actionnaire,  salariés, ⅓ investissements - Contre - quoi ? - plus de 75% à l'actionnaire!!??!!), obliger toutes les entreprises françaises à payer leurs impôts en France (TOTAL), diminuer les charges qui pèsent sur les 2,5M d'entrepreneurs individuels que tu as encensés ce matin à la radio, et qui sont moins bien protégés que les salariés (alors qu'ils payent plus de charges, un comble), obliger les grands Groupes qui bénéficient de marchés publics, ou para-publics, à faire travailler des travailleurs locaux avec une protections sociale locale (voir BOUYGUES sur le chantier de l'EPR), enfin mieux répartir l'IRPP et taxer plus, mais vraiment plus, le haut de la pyramide...
Et tiens, à propos de TOTAL, l'obliger à baisser le coût des carburants, à tout le moins celui du fuel domestique, qui, bien que le baril de brut soit à la moitié de son cours le plus haut n'a quasiment pas baissé ses prix, pas plus que les autres pétroliers.
Mais bien sûr faire tout ça demanderait de faire une vraie politique de gauche et, surtout, un peu de courage politique... ce dont on semble gravement manquer dans le gouvernement dont tu fais partie.

Allez, Monsieur le Ministre, Cher Emmanuel,

Bonne journée !

mardi 24 mars 2015

La valeur est dans l'oeil de celui qui regarde...

Je me tue à le dire depuis des lustres, et cette expérience menée par un journaliste néerlandais confirme une fois de plus ce que je crois: "La valeur est dans l'oeil de celui qui regarde"... Ces visiteurs de musée sont prêt à évaluer plusieurs milliers, voire centaines de milliers, d'euros un poster de chez IKEA à... 10€!!! 


Etonnant, non??? 

Et ça s'applique partout, tout le temps et à tout... La même chose peut avoir pour plusieurs personnes des valeurs différentes. A l'instar de mon ami Marc DUGOIS, je pense que le même "objet" peut être à la fois une richesse, un encombrant ou un déchet, selon comment on le regarde, et la destination qu'on lui confère... pour peu qu'au moins deux personnes aient le même regard sur cet objet et soient d'accord sur sa destination.

S'agissant d'une transaction matérielle, il suffit qu'au moins 2 personnes, ou mieux tout un groupe, soient du même avis sur ces différents points pour trouver à se mettre d'accord sur la valeur d'échange. Ça se comprend aisément. C'est ce qui fait les beaux, et moins beaux, jours du marché de l'Art, contemporain ou non... 

Là où les choses commencent à se compliquer, c'est lorsqu'on aborde la question de l'immatériel. Si je dois vendre une prestation, comment tarifer ce qui, finalement, n'est que ce que je propose compte tenu de mes compétences et de mon expérience? Alors bien sûr il y a des références, le fameux "prix de marché": un avocat ça vaut entre X et Y€ de l'heure, un coach aussi, un expert-comptable*, également... Bref, toutes ces professions qui selon à qui elles ont décidé de s'adresser, leur localisation,   leur réputation aussi (quand on passe à la télé, c'est plus cher!), fixent des tarifs qui vont parfois du simple au décuple...
Or, on peut imaginer que deux avocats (dans la même spécialité) deux coachs ou deux experts-comptables* ont le même niveau de compétence, et sont donc deux à deux capables d'offrir la même prestation... Il suffit d'avoir eu l'occasion d'en tester plusieurs pour savoir que ça n'est pas vrai!

Alors qu'est ce qui va justifier que les uns facturent X et les autre 2, 3, 4, 5 ou 10X??? Sinon, ce que le client est prêt à payer... Et qu'est-ce qui fait le prix que le client est prêt à payer, pour une prestation d'un fournisseur qu'il n'a jamais rencontré, avec qui il n'a jamais travaillé? Sinon, l'idée qu'il s'en fait "a priori"...

Et voilà bien l'affaire: la valeur est dans l'oeil du client, pas dans la prestation, c'est d'ailleurs pour ça que bien souvent (toujours?) le prix d'une "prestation intellectuelle" est défini par avance, et payé en partie avant que ne commence le travail.

Alors pourquoi est-ce si difficile de fixer son prix quand on est "jeune" avocat, "jeune" coach ou "jeune" professionnel de n'importe quelle profession? (je mets "jeune" entre guillemets, parce qu'il ne s'agit pas là de jeunesse d'âge, mais bien d'ancienneté dans la pratique)...

Qu'est-ce qui fait que je ne vais pas pouvoir tarifer mes prestations aux même prix que les ténors, ou les gourous, de la profession? Qu'est ce qui m'empêche après tout, et finalement, de me considérer leur égal? Car c'est bien là qu'est le noeud de l'affaire, c'est bien de ma valeur et de la confiance que j'ai en cette valeur qu'il s'agit lorsqu'il faut fixer mon prix...

En l'espèce, la valeur est dans l'oeil de celui qui regarde, et celui qui regarde, c'est moi! Peu importe la réalité de mon parcours, de mon expérience, de mon talent, je fixerais mon prix, mon tarif, à la hauteur de ce que je crois qu'il va me permettre de me vendre, ou, bien souvent, juste en dessous de celui à partir duquel j'ai peur de ne pas pouvoir me vendre.

Celà vient immédiatement questionner la confiance en soi et l'estime de soi. La pression de l'entourage, la peur de ne pas vendre ou, au contraire, celle de devoir affronter le client, de devoir me retrouver en compétition, la légitimité, le manque d'expérience, la pression du marché, et d'autres encore, sont autant de facteurs qui vont influer ma décision de fixer mon tarif à tel ou tel niveau...

Erreur! Erreur funeste même... car cela "bride" la démarche et fait parfois manquer de belles opportunités... En effet, si votre client est prêt à vous payer, mettons 100, et que vous présenter votre tarif à  40 ou 50, avant même de l'avoir questionné, vous risquez de passer à coté de 50 ou 60 (O.K., peut-être un peu moins avec une petite négociation, mais tout de même...).

Une autre erreur couramment commise est de présupposer ce que pense le client. Qu'il n'est pas prêt à payer "plus que...". Et ce avant tout autre préalable démarche d'écoute et de découverte de ses attentes. A l'inverse, il est tout aussi dangereux d'imaginer que le client est prêt à vous payer "très cher", et sur valoriser votre prix...

Deux exemples pour illustrer mon propos: un  de mes amis est avocat en droit fiscal de l'immobilier commercial, il conseille des promoteurs. Dans une affaire qui opposait un de ses clients à l'administration de Bercy qui réclamait à ce dernier une très grosse somme, mon ami a obtenu l'effacement du redressement. Son client lui a fait un chèque avant même qu'il n'ait eu le temps d'envoyer sa facture, en lui demandant de lui établir la facture correspondante. Son client a payé "spontanément" plus de deux fois ce que mon ami aurait imaginé "normal" de lui facturer.

Autre exemple, presque dans le même domaine: un promoteur immobilier me confiait ses difficultés liées à un programme d'appartements  qu'il essayait de lancer et qu'il n'arrivait pas à commercialiser... Compte tenu de l'ambiance générale assez morose, il avait délibérément mis son prix très en dessous du marché local pour ce type de produit, d'environ 30%. Six mois plus tard, toujours rien de vendu. Après en avoir parlé, il a pris conscience que peut-être ce "décalage" lui était défavorable... Il a augmenté son prix moyen au m2 pour l'établir juste au dessus du prix moyen (50% de hausse!)... Il a quasiment tout commercialisé en quelques semaines. "Pas assez cher, mon fils", la pub de Renault, vous vous souvenez?? 

Outre cela, il est des professions et des marchés dans lesquels il n'y pas d'élasticité au prix, i.e. où la variation de prix, à la hausse ou à la baisse, n'impacte pas, ou très peu, le volume de la demande, j'en parlais déjà il y a deux ans dans ce billet. La plupart des professions de prestations intellectuelles obéissent à cela... Ce n'est pas parce que je vais vendre mes prestations de coach à 50€ de l'heure que le besoin de coaching va d'un seul coup exploser!.. 

Si vous êtes en phase de lancement, de création d'activité, gardez ça en tête. Prenez le temps d'écouter votre client, de comprendre quels sont ses enjeux, et finalement de découvrir ce qu'il pense que votre prestation devra, ou non, être payée. 
Le prix auquel vous facturerez votre prestation ne sera finalement que le résultat d'une transaction dans laquelle votre interlocuteur aura validé qu'il peut y accorder ce qu'il va dépenser. Ne présupposez de rien! Et soyez prêt à accueillir ce qui parfois se présente comme un joli cadeau!

Belle journée!

jeudi 11 décembre 2014

Lettre ouverte à M. Emmanuel MACRON, Ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique.

Lettre ouverte à M. Emmanuel MACRON, Ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique.

Guerville le 11 décembre 2014.


Monsieur le Ministre,


J'ai pris mon temps pour vous écrire... J’avais initialement eu l'intention de faire cette lettre à votre prédécesseur mais n'en ai pas eu l'occasion : vous l'aviez remplacé (peut-on remplacer Arnaud MONTEBOURG ? C'est une autre question!)... Les annonces du 10 juillet dernier du Sieur MONTEBOURG pour le « redressement économique de la France » m'avaient abattu... Et le mot est faible...

Après un long auto-satisfecit, dans lequel le paradoxe le dispute à la contradiction, (créer des emploi et soutenir la robotisation, augmenter le « pouvoir d'achat » des français et reconstruire les marges des entreprises, etc...), votre prédécesseur annonçait, entre autres, vouloir mettre en coupe réglée 37 professions « réglementées » au prétexte, aussi « démago » qu'incantatoire, que ceux qui les exercent seraient coupables de capter l'argent des français, et vivent grassement de quasi-monopoles...
On y trouvait, pêle-mêle, les pharmaciens, les huissiers de justice, les greffiers des tribunaux de commerce, les administrateurs judiciaire, les avocats, les opticiens, les commissaires aux comptes et j'en passe...

Mon épouse est avocat, Monsieur le Ministre, depuis vingt ans. Elle travaille 60 à 80 heures par semaine, soit plus de deux semaines de travail en une, prend difficilement quatre, mais plus souvent trois, semaines de congés par an, emploie une assistante à plein temps, qui va bientôt lui coûter plus cher en charges sociales qu'en salaire net, et pour un résultat fiscal, bon an, mal an, équivalent à la somme faramineuse de moins de quinze euro de l'heure, en données corrigées des variation saisonnières (rappelez moi le montant du smic horaire??)...

Au delà de ça, elle s'investit, au sein du barreau où elle est inscrite, pour accompagner les plus jeunes confrères, et travaille parfois pro bono ou à l'Aide Juridictionnelle, ce qui revient à peu près au même, (non, pardon : à l'A.J. elle perd de l'argent, pro bono elle gagne en estime d'elle même!) mais là n'est pas notre sujet...

Je vous ferai grâce ici des conditions dans lesquelles elle est prise en charge en cas de maladie, d'accident de la vie ou du travail : au regard de ce que lui coûte sa protection sociale, c'est indécent, et si l'on compare au conditions offertes à un cadre de n'importe quelle entreprise, on se pose alors de sérieuses questions quant à l'application du principe d'Égalité.

Un dernier point la crise aidant (la crise c'est ce que la majorité de vos concitoyens vit depuis 2008, et même avant, mais je comprends que ce soit un concept qui vous échappe), elle a de plus en plus de mal à se faire payer, et son bénéfice (son revenu donc) est en baisse, spécialement cette année, car ses clients (de simples particuliers, non des multinationales) peinent de plus en plus à honorer leur engagements... C'est comme ça qu'elle a deux ou trois dizaines de milliers d'euros de facturation impayés, ce qui est le cas de la plupart de ses confrères.

Autant vous dire l'émoi qu'a suscité votre projet de loi à la maison... En effet, le départ de M. MONTEBOURG aurait pu nous faire espérer un retour à plus de raison, mais non... Non seulement vous reprenez à votre compte ses inepties, mais vous enfoncez le clou.

Inepties en effet, Monsieur le Ministre, sur lesquelles je n'épiloguerai pas : d'autres l'ont fait pour moi, avec panache et précision, et ce serait vous faire injure : vous, si brillant (Bac S mention « Très Bien », Normale Sup, DEA de philo, Diplômé de Siences Po, Enarque, collaborateur de Paul Ricoeur, IGFP, Associé-gérant chez ROTSCHILD, etc), n'avez besoin de personne pour vous expliquer que l'on enrichit pas les pauvres en appauvrissant les riches, et encore moins en rendant plus pauvres encore ceux qui, déjà, s'en sortent déjà péniblement.

Car oui, Monsieur le Ministre, je considère que quinze euros de l'heure de travail, quand on a fait sept ou huit ans d'études, et qu'on trime deux semaines en une, c'est pénible.

Un point tout de même, dont je vous laisse juge (si je puis dire) : la France peut s'enorgueillir d'avoir une Justice, certes imparfaite, à peu près indépendante, mais où la possibilité est donnée à tout un chacun d'avoir recours aux services d'un avocat qu'il ait ou non le moyen de le payer. Votre projet de loi prépare une société où il y aura ceux qui, confronté à l'appareil judiciaire, quelle qu'en soit le motif, pourront et ceux qui ne pourront pas avoir d'avocat : en durcissant les conditions de travail de ces professionnels du Droit, et en paupérisant leur profession, vous fragilisez le socle de notre République et de notre Démocratie, déjà mal en point. Une société où le Droit et la Justice disparaissent est une société mûre pour le totalitarisme et la dictature. Notez ceci.

En revanche, voyez vous, j'exerce, moi, une profession dont j'aimerais bien, et nombre de mes collègues également, la voir règlementée, et encadrée un minimum. Je suis coach professionnel. J'accompagne au quotidien, des hommes et des femmes dont le métier, partout dans les entreprises (et le service publique), quel qu'il soit devient chaque jour plus difficile, fragilisant les uns et les autres dans l'estime d'eux même, leur confiance en eux, et paradoxalement, limitant l'efficacité de nos organisations...
Ce que je vois, tous les jours, Monsieur le Ministre, c'est l'implacable machine économique réduire en esclavage (quel choix a-t-on lorsque le pays compte plus de 5 millions de chômeurs ??? ) des hommes et des femmes de moins en moins capables d'affronter les conditions d'exercice de leur profession, quelle qu'elle soit, en même temps que le business se durcit... Si on parle aujourd'hui de faire reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle, ce n'est pas un hasard...

Je m'investis donc, auprès de tous ces gens, cadres, dirigeants, managers, pour les accompagner à mieux vivre leur job, prendre du recul, clarifier leur vision, atteindre leurs objectifs...
Ça demande beaucoup d'énergie, de temps en développement personnel, de travail sur soi, et une solide formation en même temps qu'une certaine maturité professionnelle.

Alors voilà j'aimerais bien, moi, que cette profession soit un peu réglementée, j'aimerais bien que tout un chacun ne puisse pas s'installer comme coach pour faire tout et n'importe quoi, j'aimerais bien que les clients qui s'adressent à nous puissent être garantis que leur interlocuteur a suivi une formation sanctionnée par, à défaut d'un diplôme, une certification reconnue par l'état, soit supervisé, qu'il soit le cas échéant obligé d'être affilié à une organisation professionnelle qui garantira un cadre éthique, j'aimerais bien que la formation des coaches ne soit pas un juteux business « pissant » du coach à plus savoir qu'en faire.

Voyez vous, j’aimerais bien que la profession de coach soit un peu règlementée.

Je ne doute pas, Monsieur le Ministre, que vous lirez cette lettre, et que vous n'en tiendrez aucun compte, guidé que vous semblez l'être par une idéologie dont j'ai du mal à cerner les contours.

Recevez, nonobstant le fait, mes salutations les plus respectueuses.

Guillaume QUINTIN.

jeudi 13 mars 2014

Les 10 comportements du leader charismatique

Je reproduis in extenso, ci-dessous, l'article de David BERNARD, Directeur Associé d'ASSESS FIRST (article original ici), et qui décrit parfaitement les comportements du leader charismatique…
Et vous, faites vous tout ça?? 
Bonne journée!

Jeff Haden - auteur à succès de plus de 30 ouvrages professionnels - a exploré les facettes de la personnalité et du comportement qui signent les personnes les plus charismatiques du monde des affaires.
En voici un résumé… ainsi que les indices sur lesquels vous appuyer pour repérer les personnes qui en sont dotés au plus haut niveau !
#1 - Les personnes charismatiques écoutent davantage qu’elles ne parlent.
Elles posent des questions, maintiennent l’eye-contact. Elles rient, froncent leurs sourcils. Elles s’expriment de façon verbale… mais encore plus de façon non verbale. Elles inclinent légèrement la tête de côté pour témoigner de leur attention lorsque vous vous entretenez avec elles. Elles envoient en constant des signaux associés à l’écoute.
#2 - Elles n’écoutent pas de façon sélective.
Elles ne font pas « semblant d’écouter » en préparant à l’avance ce qu’elles vont vous dire alors que vous êtes (à peine) en train de démarrer votre phrase. Elles vous font sentir qu’il y a quelque chose de commun entre vous et elles.
#3 - Elles ne bloquent pas sur leurs gadgets
Elles ne sont pas en train de regarder leur écran, de checker ce qu’il se passe sur Facebook quand vous leur parlez. Elles ne se concentrent sur rien d’autre que VOUS lorsqu’elles sont en votre compagnie. Elles savent être là, pour vous.
#4 - Elles donnent AVANT de recevoir !
Elles ne pensent pas à ce qu’elles peuvent tirer de vous. Elles se concentrent sur ce qu’elles peuvent donner... pas sur ce qu’elles peuvent obtenir. Le don fait parti de ces choses indispensables à la création d’une communication efficace. Sans donner de soi, de son attention, impossible de nouer une véritable relation.
#5 - Elles n’agissent pas comme si elles étaient les personnes les plus importantes de la planète
Les seules personnes qui sont impressionnées par les démonstrations d’égo mal placées sont les personnes à l’égo mal placé. Le reste de la planète s’en moque, en rit (parfois) ou n’est pas super à l’aise avec ça.
#6 - Elles savent que les autres sont (plus) importants
Nous savons déjà ce que nous savons. Nous connaissons nos propres opinions, nos façons de penser. Nous complaire là dedans ne nous fait pas progresser. Les personnes charismatiques s’intéressent aux autres… réellement. Elles questionnent, elles interrogent, elles relancent...
#7 - Elles mettent la lumière sur les autres
Elles n’hésitent pas à féliciter publiquement les autres, à reconnaître leurs accomplissements. Le contraire de cela, c’est tirer la couverture à soi, s’arroger des succès qui ne sont pas les siens. Et ça, il n’y a pas plus détestable...
#8 - Elles choisissent leurs mots avec attention
Elles savent que les mots qu’elles emploient ont un impact réel et concret sur les autres, sur leur capacité d’engagement. Quand elles ont une réunion, elles ne disent pas « je dois y aller » mais « j’y vais ». Elles ne disent pas « J’ai une présentation à faire pour un nouveau client » mais « je vais partager des choses fantastiques avec de nouvelles personnes ». Par leurs mots, leurs paroles, elles savent enthousiasmer, énergiser et faire rêver les autres.
#9 - Elles ne rient pas sur le dos des autres
Elles ne se moquent pas des autres, elles ne colportent pas de bruits de couloir, elles ne disent pas de mal des autres. Elles savent que cela ne sert à rien. Bien évidemment, cela fait du bien (si si je vous assure, c’est même prouvé scientifiquement) mais gossiper sur le dos des autres n’est pas une bonne (ni une belle) stratégie sur le long terme.
#10 - Elles reconnaissent (et admettent) rapidement leurs erreurs
Elles savent se rendre « humaines ». Les personnes les plus charismatiques de la planète partagent ceci en commun avec les autres qu’elles font également des erreurs. Elles ne cherchent pas à les cacher ou à s’en défendre. Lorsque cela leur arrive, elles le reconnaissent, tirent parti de la leçon et s’arrange pour ne pas tomber 2 fois au même endroit.

mercredi 5 mars 2014

Performance, Excellence, Coaching et... Rentabilité!

Dix jours que les XXIIèmes Jeux Olympiques d'hiver sont finis, (et à deux jours de l'ouverture des Jeux Paralympiques), je me disais que pas un athlète, pas une équipe participant à ces Jeux n'y est allé sans une préparation intense et laborieuse, un entrainement rigoureux, et une grosse équipe de soutiens, de "ressources": préparateur physique, entraineur, préparateur mental, kiné, ostéopathe, etc… 
Selon la discipline, les moyens du pays représenté, cette équipe est plus ou moins étoffée, mais aucun des athlètes présents à SOTCHI, ni à aucune autre édition des J.O., d'hiver ou d'été, ni aucun championnat, aucun n'y est allé sans... son coach!

Certains ont eu des médailles, d'autres pas… Or, argent ou bronze, quelque fut le résultat, il laisse globalement peu de place au hasard ou à la chance et, en tout état de causes, tous ceux qui ont participé à ces jeux l'ont fait en espérant gagner et ramener au pays la médaille symbole de leur engagement, de leur motivation et de leur travail…

Toutefois, comment les uns et les autres pourraient-ils parvenir à un tel niveau de performances, et d'excellence dans leur discipline, sans un accompagnement de chaque instant?
Comment peut on imaginer qu'il serait possible d'atteindre les podiums sans un entraineur pour acquérir la technique, un préparateur mental pour conjurer le doute, et un préparateur physique pour optimiser la "machine"?
Aucune fédération sportive, d'aucun pays du monde, n'envisage sérieusement d'envoyer un athlète aux Jeux Olympiques sans lui avoir fourni tout l'accompagnement nécessaire, et indispensable, à atteindre son meilleur niveau!

Eh bien pourtant, c'est ce que font la plupart de nos entreprises avec leurs managers, quelque soit leur niveau de responsabilité: elles les chargent d'atteindre le meilleur niveau de performances dans tel ou tel domaine, d'atteindre l'excellence, et considèrent qu'ils vont y arriver tout seuls, comme des grands, sans l'aide de quiconque… simplement "parce qu'ils sont payés pour ça"!

Alors, évidemment, notre système de formation initiale y est pour beaucoup: on a tellement répété à nos diplômés issus de nos Grandes Écoles, quelles soient de management ou d'ingénieurs, qu'ils étaient "l'élite", la "fine fleur", pas question d'entamer leur belle confiance en leur proposant de se faire accompagner… 
Pas question de discréditer le système en laissant le champ libre au doute sur la qualité de leur formation et de leurs compétences!
Pourtant, tous, à un moment ou un autre auraient besoin d'être confrontés, stimulés, remis en question. Tous auraient besoin d'un coup de main, d'un regard extérieur pour surmonter un doute, corriger une posture ou améliorer leur impact.

On ne gagne pas la descente en ski alpin au Jeux Olympiques, tout seul, en descendant 10000 fois la même piste, fut-elle noire… ça ne suffit pas! Il faut un regard extérieur pour corriger les défauts, rendre le geste plus efficace et améliorer la performance, atteindre l'excellence.

Les entreprises de notre pays peinent encore à recourir au coaching: mal connu, mal perçu, l'accompagnement professionnel est encore réservé soit à quelques "happy few" soit à des managers en difficulté et souvent vécu comme "la dernière chance"… 
Il est plus rarement vu comme le facteur indispensable au développement des compétences, des justes comportements, qui entraineront le collaborateur vers plus de performance et vers l'excellence, tout en le respectant.

Pourtant, on ne fait pas un champion d'un sportif qu'on n'a pas entrainé, coaché, de même on ne peut atteindre le meilleur niveau de management, donc la meilleur performance, sans remettre en question sa façon de faire… 
En ce sens, le coach permet au manager en confrontant son mode de fonctionnement, en exprimant ses doutes, ses difficultés, de trouver de nouvelles voies, de nouveaux angles et atteindre plus rapidement, plus sûrement, et avec moins d'énergie les objectifs qui sont les siens.

En permettant à ses cadres, ses managers, ses dirigeants d'être accompagnés, l'entreprise va s'assurer de leur permettre leur meilleur niveau de performance, l'excellence dans leur fonction, et va donc maximiser son efficacité, et donc sa…rentabilité!

Autre effet induit, elle diminuera le taux de stress en permettant l'accès à un lieu d'écoute sécurisé (la relation avec le coach est 100% confidentielle) où les situations de tensions, les dilemmes, les doutes  pourront être analysés avec du recul et de la hauteur de vue. A une époque où les risques psychosociaux sont un enjeu majeur, voilà qui n'est pas un luxe...

Et de même que le sportif est accompagné, coaché, entrainé en permanence, y compris quand il est au top du classement, le manager doit pouvoir bénéficier d'un coach même quand "tout va bien"… Ce n'est pas parce que "tout va bien" qu'il n'y a pas quelque part quelque chose qui mérite qu'on y porte attention et qui permettrait que ça aille encore mieux!

Alors, dans une période où il se dit que la France peine à renouer avec la croissance (cependant que nos voisins, eux, y arriveraient), et où on sent clairement monter la pression dans les organisations, pensez vous vraiment que nous allons pouvoir décrocher la médaille d'or sans le coaching?