mercredi 13 avril 2011

La personne la plus importante dans MA vie, c'est... MOI!

J'en vois déjà certains écarquiller des yeux de hibou affolé, et se dire: "ce mec est tombé sur la tête!"... Et non, je ne suis pas dingue et je persiste et signe: JE SUIS LA PERSONNE LA PLUS IMPORTANTE DANS MA VIE...

Lequel, ou laquelle, parmi vous n'a pas eu un jour l'occasion de dire ou de penser (très sincèrement, à n'en pas douter) que son mari, sa femme, son amant, sa maitresse, son fils, sa fille, ses enfants, son père, sa mère, son Gourou, son Curé (et que sais-je encore), était "LA personne la plus importante de SA vie"??? Hmmm? 
Allez, soyez pas timide... Avouez! Bon... 

Voyons où tout ça nous mène... 

Et imaginons, (y'en a pour qui ça va être plus facile que pour d'autres...): je suis une maman, j'ai un mari, qui bosse dur, et deux ou trois marmots, qui, depuis qu'ils ne braillent plus, mangent énormément, passent plus de temps sur leur console de jeux que sur leurs livres de classe, et usent 5 paires de baskets, de marque et hors de prix, par an... 
Bien sûr, ils sont la chair de ma chair, le sang de mon sang et tout le toutim... Bilan, je ne sais quoi faire pour leur rendre la vie plus facile... Bref, je les choie, les couve, les adule, en plus de les nourrir, les habiller, les soigner, et ... faire le taxi! 
Ben oui, le foot, la gym, la danse, le tennis, l'équitation, la piscine, le cours de piano, et j'en passe, sont aux quatre coins de la ville (quand on a de la chance...)!
Du coup, depuis qu'ils sont un peu plus grands, je me suis remise à travailler, et passe quatre jours au boulot (j'ai mon mercredi: merci les "35 heures"), le mercredi dans ma voiture, et le samedi aussi, entre AUCHAN et le stade de Rugby, ou le cours de violon... Le dimanche, jour du Seigneur, encore un petit coup de voiture pour rendre visite à la belle famille, quand je n'ai pas toute la smala qui débarque à la maison!!! 
Dimanche soir... Je m'endors devant la télé... Et lundi arrive, et on remet ça!!! 
Et encore, je passe sur les ardeurs de mon mari, qui aimerait bien que je lui fasse des trucs bizarres avec ma bouche, matin ET soir!... C'est que je suis claquée, moi!!... Mais je l'aime, alors... 
Alors, je m'oublie! Je pense à lui, je pense à eux, je suis une épouse parfaite, une femme au foyer parfaite, une mère parfaite, et une collaboratrice parfaite pour mon boss... Du moins j'essaie... 
Mais je sais aussi que je n'y arrive que très modérément... alors je culpabilise... 
"Je devrais faire comme-ci, ne pas faire comme ça, j'aurai du lui dire ceci, ne pas lui dire cela, j'aurai du... j'aurai pas du... et si...".... 

STOP!

Et si je pensais un peu à MOI?... car, enfin, qui se soucie de MOI? Pas les enfants, ça, c'est sûr... Les copines?... Mouais... Bof... Elles aussi ont leur lot d'emmerdes... Mon homme? Bien sûr... parfois... mais pas toujours, en tout cas, c'est l'impression que j'en ai...
Du coup, je m'investis à droite à gauche, et passe le plus clair de mon temps à m'occuper des autres, et sans en obtenir la moindre reconnaissance... C'est usant!
Des fois je me dis que je me ferais bien un petit weekend en amoureux avec mon homme... Rien que nous deux, le Grand Hôtel à Cabourg, on passerait la journée au lit en sirotant du champagne... Ce serait follement romantique et... sexy!
Bien sûr, de temps en temps, j'ai un sursaut: Je décide de faire un régime, un peu de sport, de reprendre l'équitation (comme ça je pourrais monter le mercredi avec ma fille!!!), ou de changer de couleur de cheveux - ce châtain clair me donne tellement bonne mine!!! D'ailleurs les coiffeurs ne s'y trompent pas, comparez les prix des soins capillaires H/F, vous aurez compris immédiatement qu'ils ont flairé le bon filon, les bougres!
Seulement voilà, le quotidien me rattrape à vitesse "V", et la satisfaction ressentie n'en accroit que mieux la frustration le lendemain...

Imaginons, maintenant, que je suis un homme... Élevé par une mère aimante (la même que décrite ci dessus, ou à peu près!), j'ai un bon job, enfin... un bon, faut le dire vite. Je bosse beaucoup, trop parfois, et suis somme toute pas si bien payé que ça, même si, sans doute, il y a plus malheureux... J'enchaîne réunions sur rendez vous clients, sur séminaires, et groupes projets... Des fois même le weekend...
Heureusement, mon boss est fan de Golf, il joue tous les jeudi après-midi, et aussi le samedi... Il m'a convaincu de m'y mettre aussi, ça me plait... et, comme je lorgne le poste de DURAND, qui doit prendre sa retraite dans un an, on joue tous les deux... Parfois, ça m'emmerde... J'ai un meilleur swing que lui, je suis obligé de retenir mes coups pour pas lui mettre "sa misère", comme dit mon fils... ça serait pas bon pour mon avancement...
A la maison, j'en parle pas... Pas sûr que ma Douce et Tendre comprenne... et puis, je préfère nous réserver à d'autres occupations, plus ... comment dire, agréables... 
Mais bon, là non plus, c'est pas simple... Ma femme est crevée vingt jours sur trente, indisponible huit... ça laisse deux jours de possibles, et, pour corser l'affaire, c'est pas toujours les mêmes!!! Vingt ans qu'on se connait, j'ai toujours pas le mode d'emploi! Bon, des fois j'ai du bol... 
Parfois, j'aimerais bien qu'elle lâche un peu les enfants, et s'occupe un peu de moi... Cela dit, il n'y a pas qu'elle qui s'en occupe des enfants, hein! Les carnets scolaires, les matches de foot le dimanche matin, les opérations commando chez IKEA pour refaire leur chambre, c'est bibi qui s'y colle...
Finalement, pas si formidable que ça cette vie, mais bon... Le Devoir! ça, j'ai bien compris que je DEVAIS m'occuper de faire en sorte que ma famille ne manque de rien, et passer mes envies au second plan... 
Oh, bien sûr je les aime mes enfants, et ma femme aussi...
Alors, je m'oublie! Je pense à elle, je pense à eux, je suis un mari parfait, un père parfait, et un collaborateur parfait pour mon boss... Du moins j'essaie... 
Mais je sais aussi que je n'y arrive que très modérément... alors je culpabilise... 
"Je devrais faire comme-ci, ne pas faire comme ça, j'aurai du lui dire ceci, ne pas lui dire cela, j'aurai du... j'aurai pas du... et si...".... 

STOP!

Et si je pensais un peu à MOI?... car, enfin, qui se soucie de MOI? Pas les enfants, ça, c'est sûr... Les copains?... Mouais... Bof... Ils aussi ont leur lot d'emmerdes... Ma femme? Bien sûr... parfois... mais pas toujours, en tout cas, c'est l'impression que j'en ai...
Du coup, je m'investis à droite à gauche, et passe le plus clair de mon temps à m'occuper des autres, et sans en obtenir la moindre reconnaissance... C'est usant!
Des fois je me dis que je me ferais bien un petit weekend en amoureux avec ma femme... Rien que nous deux, le Grand Hôtel à Cabourg, on passerait la journée au lit en sirotant du champagne... Ce serait follement romantique et... sexy!
Bien sûr de temps en temps, j'ai un sursaut: Je décide de changer de montre, m'acheter une nouvelle série de clubs pour le golf, ou une nouvelle paire d'enceintes pour ma chaine Hifi... Elle me dit toujours que je suis resté un grand gamin... seul le prix des jouets à changé... Tu parles!
Seulement voilà, le quotidien me rattrape à vitesse "V", et la satisfaction ressentie n'en accroit que mieux la frustration le lendemain... 


Finalement, personne n'est pleinement heureux et épanoui!!!


Alors quoi? Sommes nous tous condamnés à ça???? Non, je ne crois pas!!! J'ai moi aussi connu cette vie où le "devoir" et l'éducation pesaient de tout leur poids et guidaient mes choix... Et je croyais que c'était "juste et bon"... Jusqu'au jour où j'ai compris que je m'oubliais complètement, au point de faire passer tout le reste (ma femme, mes enfants, ma "famille") avant mes propres besoins... Jusqu'au bord de la rupture, rupture sociale, sentimentale, conjugale... Avec pour effet quelques addictions pas piquées des hannetons (jeux d'argent, sexe, et j'en passe), et qui m'ont valu de passer quelques heures sur le fauteuil d'un psy...

Au dîner de réveillon de premier de l'an 2001, je m'en souviens très clairement, nous étions une dizaine de couples de copains réunis à table, et, après les embrassades de minuit, vint le moment d'annoncer chacun ses "bonnes résolutions" pour l'année à venir... Quand ce fut mon tour, je fus pris d'un vertige et annonçais tout à trac: "je crois que je vais enfin penser un peu à moi"... ça eut l'effet d'une bombe! 
"Comment ça! Espèce d'égoïste! Comment tu peux dire un truc pareil! etc, etc..." je vous en passe des vertes et des pas mûres!!!
C'est à ce moment que je pris conscience de la difficulté de notre société de considérer sereinement le fait qu'un individu (H/F) puisse à la fois "s'occuper" de lui et penser aux autres... 
Or, il m'est apparu ensuite, et je l'expérimente tous les jours depuis, qu'on ne peut pas être pleinement disponible à l'Autre, quel qu'il soit (conjoint, enfant, parent, patron, collaborateur....) si l'on est pas d'abord, et avant tout, disponible à soi!
Il ne s'agit pas de se regarder le nombril et s'en satisfaire, mais bien d'écouter ses envies, ses besoins, de les comprendre, et ensuite de faire le choix réfléchi et conscient de les nourrir... ou pas! 
De faire la démarche de comprendre ce que sont nos valeurs profondes, et trouver la voie pour les faire vivre à travers notre mode de vie de famille, notre travail, notre place dans la cité.
Parce que c'est une illusion de croire que l'on va être présent à l'Autre, si l'on est pas d'abord présent à Soi, que l'on va être Bon pour l'Autre, si l'on est pas d'abord Bon pour Soi...
Et ça n'est pas de l'égoïsme, juste de la Bienveillance: Je prends soin de Moi, pour, le cas échéant, pouvoir prendre soin de l'autre...
Parce que la Personne la plus importante dans Ma Vie, c'est Moi!

2 commentaires:

  1. Ce texte est tellement vrai et il me parle bien! Etre un adulte, c'est se prendre en charge dans toute sa dimension humaine. Prendre en charge ses pensées, ses émotions et ses comportements pour être aligné, en lien avec soi...et donc disponible pour être en lien avec les autres. Et éviter les relations béquilles. Merci du partage et de la fluidité de l'écriture

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  2. Bonjour Guillaume,

    Après bien des années, ce texte parle de lui même.
    Je suis heureux de voir que vous ayez pu rebondir après SCA et atteindre cet idéal de vie en alliant passion et métier.

    Je vous souhaite beaucoup de longues années heureuses !

    Cordialement,
    Jonathan

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