vendredi 22 avril 2011

La Confidentialité en Coaching

Je l'ai déjà écrit par ici, le principe du Coaching consiste à accompagner quelqu'un vers l'atteinte d'un objectif, à travers l'analyse concrète de celui-ci, et par la mise en œuvre d'un plan d'action(s) (je simplifie!)...

Le cadre du Coaching, par l'Écoute, la BienVeillance, et le Non-Jugement, et une totale Confidentialité va permettre à la parole de se libérer.

Il y a quelques mois, j'ai "laissé passer" un client qui avaient deux cas de Coaching à me soumettre parce qu'il voulait absolument que je lui fasse des comptes-rendus des séances de Coaching! J'ai eu beau lui expliquer que c'était contraire à l'Éthique, et que cela était incompatible avec le travail qu'allait devoir faire ses collaborateurs, il n'en a pas démordu. J'ai laissé tomber!

La Confidentialité est la clé de voûte du travail de Coaching, particulièrement lorsque celui-ci a lieu dans l'Entreprise. La relation entre le Coaché et le Coach est une relation d'accompagnement, une relation d'aide.
Le Coach s'astreint, dans le cadre de cette relation à la plus grande confidentialité sur le contenus des séances, c'est une condition sine qua non de la réalisation du travail.


En effet, comme dit ailleurs, le travail de Coaching puise son efficacité dans ce que le Coaché va travailler sur Soi, avec Soi et pour Soi. Un des aspects fondamentaux de ce travail est qu'il se fait dans le cadre d'une relation de Confiance et donc d'Authenticité avec le Coach, dont le rôle est d'être un porteur de miroir pour celui ou celle qu'il accompagne...
Si le Coaché n'est pas "en confiance", il va lui être extrêmement difficile d'être Authentique, d'être vrai! Dans ces conditions, le Coach, dans son rôle de porteur de miroir, ne renverra qu'une image partielle, inexacte, incomplète, voire "déformée", et le travail s'en ressentira...
Comme avec son Médecin, son Notaire, son Psy, ou son Avocat, le Coaché doit se sentir libre de pouvoir "tout déballer", y compris son "côté obscur". Or, s'il doute un seul instant de "l'étanchéité" de sa relation à son Coach, cette liberté ne pourra s'instaurer.

"Et alors, me direz-vous, le Coaché n'est pas obligé de savoir que son patron est au courant de ce qu'il raconte pendant ses séances de Coaching!"
Heu... Comment dire... A un moment ou un autre, si! Si, parce qu'à un moment ou un autre, l'attitude du Coach s'en ressentira, à un moment ou un autre, son patron va "se servir" des éléments recueillis (peu importe que ce soit pour le "bien" ou le "mal" du Coaché), ça va "fuiter"...  et donc remettre en question le travail de Coaching.
Au delà de ça, le Coach travaille pour le seul et unique bénéfice du Coaché... Le bénéfice du Coaching pour l'entreprise est un effet "collatéral", mais je reviendrai plus longuement sur ce point... Le Coach œuvre pour le Coaché avec BienVeillance!

Il ne peut pas être question pour moi de faire ce métier en ne respectant pas cette Confidentialité! Je considère ce point de la Confidentialité comme la Clé de Voute de la démarche de Coaching, et, si on enlève la Clé de Voute, c'est tout l'édifice qui s'écroule!

mercredi 20 avril 2011

Pub!

Une fois n'est pas coutume, et, après tout, je suis ici chez moi et donc je fais ce que je veux... Je vous annonce la mise en ligne du site de ma Société: GLOBAL QUEST COACHING...

Vous y trouverez tout sur les prestations de mon Cabinet, et pas mal de choses sur le Coaching!

A bientôt!

mercredi 13 avril 2011

La personne la plus importante dans MA vie, c'est... MOI!

J'en vois déjà certains écarquiller des yeux de hibou affolé, et se dire: "ce mec est tombé sur la tête!"... Et non, je ne suis pas dingue et je persiste et signe: JE SUIS LA PERSONNE LA PLUS IMPORTANTE DANS MA VIE...

Lequel, ou laquelle, parmi vous n'a pas eu un jour l'occasion de dire ou de penser (très sincèrement, à n'en pas douter) que son mari, sa femme, son amant, sa maitresse, son fils, sa fille, ses enfants, son père, sa mère, son Gourou, son Curé (et que sais-je encore), était "LA personne la plus importante de SA vie"??? Hmmm? 
Allez, soyez pas timide... Avouez! Bon... 

Voyons où tout ça nous mène... 

Et imaginons, (y'en a pour qui ça va être plus facile que pour d'autres...): je suis une maman, j'ai un mari, qui bosse dur, et deux ou trois marmots, qui, depuis qu'ils ne braillent plus, mangent énormément, passent plus de temps sur leur console de jeux que sur leurs livres de classe, et usent 5 paires de baskets, de marque et hors de prix, par an... 
Bien sûr, ils sont la chair de ma chair, le sang de mon sang et tout le toutim... Bilan, je ne sais quoi faire pour leur rendre la vie plus facile... Bref, je les choie, les couve, les adule, en plus de les nourrir, les habiller, les soigner, et ... faire le taxi! 
Ben oui, le foot, la gym, la danse, le tennis, l'équitation, la piscine, le cours de piano, et j'en passe, sont aux quatre coins de la ville (quand on a de la chance...)!
Du coup, depuis qu'ils sont un peu plus grands, je me suis remise à travailler, et passe quatre jours au boulot (j'ai mon mercredi: merci les "35 heures"), le mercredi dans ma voiture, et le samedi aussi, entre AUCHAN et le stade de Rugby, ou le cours de violon... Le dimanche, jour du Seigneur, encore un petit coup de voiture pour rendre visite à la belle famille, quand je n'ai pas toute la smala qui débarque à la maison!!! 
Dimanche soir... Je m'endors devant la télé... Et lundi arrive, et on remet ça!!! 
Et encore, je passe sur les ardeurs de mon mari, qui aimerait bien que je lui fasse des trucs bizarres avec ma bouche, matin ET soir!... C'est que je suis claquée, moi!!... Mais je l'aime, alors... 
Alors, je m'oublie! Je pense à lui, je pense à eux, je suis une épouse parfaite, une femme au foyer parfaite, une mère parfaite, et une collaboratrice parfaite pour mon boss... Du moins j'essaie... 
Mais je sais aussi que je n'y arrive que très modérément... alors je culpabilise... 
"Je devrais faire comme-ci, ne pas faire comme ça, j'aurai du lui dire ceci, ne pas lui dire cela, j'aurai du... j'aurai pas du... et si...".... 

STOP!

Et si je pensais un peu à MOI?... car, enfin, qui se soucie de MOI? Pas les enfants, ça, c'est sûr... Les copines?... Mouais... Bof... Elles aussi ont leur lot d'emmerdes... Mon homme? Bien sûr... parfois... mais pas toujours, en tout cas, c'est l'impression que j'en ai...
Du coup, je m'investis à droite à gauche, et passe le plus clair de mon temps à m'occuper des autres, et sans en obtenir la moindre reconnaissance... C'est usant!
Des fois je me dis que je me ferais bien un petit weekend en amoureux avec mon homme... Rien que nous deux, le Grand Hôtel à Cabourg, on passerait la journée au lit en sirotant du champagne... Ce serait follement romantique et... sexy!
Bien sûr, de temps en temps, j'ai un sursaut: Je décide de faire un régime, un peu de sport, de reprendre l'équitation (comme ça je pourrais monter le mercredi avec ma fille!!!), ou de changer de couleur de cheveux - ce châtain clair me donne tellement bonne mine!!! D'ailleurs les coiffeurs ne s'y trompent pas, comparez les prix des soins capillaires H/F, vous aurez compris immédiatement qu'ils ont flairé le bon filon, les bougres!
Seulement voilà, le quotidien me rattrape à vitesse "V", et la satisfaction ressentie n'en accroit que mieux la frustration le lendemain...

Imaginons, maintenant, que je suis un homme... Élevé par une mère aimante (la même que décrite ci dessus, ou à peu près!), j'ai un bon job, enfin... un bon, faut le dire vite. Je bosse beaucoup, trop parfois, et suis somme toute pas si bien payé que ça, même si, sans doute, il y a plus malheureux... J'enchaîne réunions sur rendez vous clients, sur séminaires, et groupes projets... Des fois même le weekend...
Heureusement, mon boss est fan de Golf, il joue tous les jeudi après-midi, et aussi le samedi... Il m'a convaincu de m'y mettre aussi, ça me plait... et, comme je lorgne le poste de DURAND, qui doit prendre sa retraite dans un an, on joue tous les deux... Parfois, ça m'emmerde... J'ai un meilleur swing que lui, je suis obligé de retenir mes coups pour pas lui mettre "sa misère", comme dit mon fils... ça serait pas bon pour mon avancement...
A la maison, j'en parle pas... Pas sûr que ma Douce et Tendre comprenne... et puis, je préfère nous réserver à d'autres occupations, plus ... comment dire, agréables... 
Mais bon, là non plus, c'est pas simple... Ma femme est crevée vingt jours sur trente, indisponible huit... ça laisse deux jours de possibles, et, pour corser l'affaire, c'est pas toujours les mêmes!!! Vingt ans qu'on se connait, j'ai toujours pas le mode d'emploi! Bon, des fois j'ai du bol... 
Parfois, j'aimerais bien qu'elle lâche un peu les enfants, et s'occupe un peu de moi... Cela dit, il n'y a pas qu'elle qui s'en occupe des enfants, hein! Les carnets scolaires, les matches de foot le dimanche matin, les opérations commando chez IKEA pour refaire leur chambre, c'est bibi qui s'y colle...
Finalement, pas si formidable que ça cette vie, mais bon... Le Devoir! ça, j'ai bien compris que je DEVAIS m'occuper de faire en sorte que ma famille ne manque de rien, et passer mes envies au second plan... 
Oh, bien sûr je les aime mes enfants, et ma femme aussi...
Alors, je m'oublie! Je pense à elle, je pense à eux, je suis un mari parfait, un père parfait, et un collaborateur parfait pour mon boss... Du moins j'essaie... 
Mais je sais aussi que je n'y arrive que très modérément... alors je culpabilise... 
"Je devrais faire comme-ci, ne pas faire comme ça, j'aurai du lui dire ceci, ne pas lui dire cela, j'aurai du... j'aurai pas du... et si...".... 

STOP!

Et si je pensais un peu à MOI?... car, enfin, qui se soucie de MOI? Pas les enfants, ça, c'est sûr... Les copains?... Mouais... Bof... Ils aussi ont leur lot d'emmerdes... Ma femme? Bien sûr... parfois... mais pas toujours, en tout cas, c'est l'impression que j'en ai...
Du coup, je m'investis à droite à gauche, et passe le plus clair de mon temps à m'occuper des autres, et sans en obtenir la moindre reconnaissance... C'est usant!
Des fois je me dis que je me ferais bien un petit weekend en amoureux avec ma femme... Rien que nous deux, le Grand Hôtel à Cabourg, on passerait la journée au lit en sirotant du champagne... Ce serait follement romantique et... sexy!
Bien sûr de temps en temps, j'ai un sursaut: Je décide de changer de montre, m'acheter une nouvelle série de clubs pour le golf, ou une nouvelle paire d'enceintes pour ma chaine Hifi... Elle me dit toujours que je suis resté un grand gamin... seul le prix des jouets à changé... Tu parles!
Seulement voilà, le quotidien me rattrape à vitesse "V", et la satisfaction ressentie n'en accroit que mieux la frustration le lendemain... 


Finalement, personne n'est pleinement heureux et épanoui!!!


Alors quoi? Sommes nous tous condamnés à ça???? Non, je ne crois pas!!! J'ai moi aussi connu cette vie où le "devoir" et l'éducation pesaient de tout leur poids et guidaient mes choix... Et je croyais que c'était "juste et bon"... Jusqu'au jour où j'ai compris que je m'oubliais complètement, au point de faire passer tout le reste (ma femme, mes enfants, ma "famille") avant mes propres besoins... Jusqu'au bord de la rupture, rupture sociale, sentimentale, conjugale... Avec pour effet quelques addictions pas piquées des hannetons (jeux d'argent, sexe, et j'en passe), et qui m'ont valu de passer quelques heures sur le fauteuil d'un psy...

Au dîner de réveillon de premier de l'an 2001, je m'en souviens très clairement, nous étions une dizaine de couples de copains réunis à table, et, après les embrassades de minuit, vint le moment d'annoncer chacun ses "bonnes résolutions" pour l'année à venir... Quand ce fut mon tour, je fus pris d'un vertige et annonçais tout à trac: "je crois que je vais enfin penser un peu à moi"... ça eut l'effet d'une bombe! 
"Comment ça! Espèce d'égoïste! Comment tu peux dire un truc pareil! etc, etc..." je vous en passe des vertes et des pas mûres!!!
C'est à ce moment que je pris conscience de la difficulté de notre société de considérer sereinement le fait qu'un individu (H/F) puisse à la fois "s'occuper" de lui et penser aux autres... 
Or, il m'est apparu ensuite, et je l'expérimente tous les jours depuis, qu'on ne peut pas être pleinement disponible à l'Autre, quel qu'il soit (conjoint, enfant, parent, patron, collaborateur....) si l'on est pas d'abord, et avant tout, disponible à soi!
Il ne s'agit pas de se regarder le nombril et s'en satisfaire, mais bien d'écouter ses envies, ses besoins, de les comprendre, et ensuite de faire le choix réfléchi et conscient de les nourrir... ou pas! 
De faire la démarche de comprendre ce que sont nos valeurs profondes, et trouver la voie pour les faire vivre à travers notre mode de vie de famille, notre travail, notre place dans la cité.
Parce que c'est une illusion de croire que l'on va être présent à l'Autre, si l'on est pas d'abord présent à Soi, que l'on va être Bon pour l'Autre, si l'on est pas d'abord Bon pour Soi...
Et ça n'est pas de l'égoïsme, juste de la Bienveillance: Je prends soin de Moi, pour, le cas échéant, pouvoir prendre soin de l'autre...
Parce que la Personne la plus importante dans Ma Vie, c'est Moi!

lundi 11 avril 2011

Le Coaching... un "truc" à la mode!...

Ben voyons!!! Notez bien, il suffit de taper "C-O-A-C-H-I-N-G" dans la barre de recherche de GOOGLE pour se retrouver à la Samaritaine de l'accompagnement... 

Et il y en a pour tous les goûts, et toutes les couleurs!!! Beaucoup d'écoles, de centres de formation au Coaching... A croire que la formation au Coaching est devenu un business plus juteux que le Coaching lui-même!

Et puis alors, du Coaching, vous en avez à toutes les sauces!!! Pour "s'améliorer", pour "vivre mieux", "pour "manager mieux", pour "manger mieux", pour "maigrir", pour "draguer" pour "acheter son appartement", pour "acheter sa voiture", pour "avoir son bac", pour "décorer sa maison", pour "chanter", pour "tout", pour "rien"!!! 
Sans parler des émissions de "télé-réalité", style "Le Grand Frère", et autre bêtise du genre...

Pas étonnant que les "clients" soient "perdus", et qu'ils tombent de l'armoire quand on leur explique vraiment de quoi il retourne... 
"Ah, vous n'allez pas me donner de conseil?!?!"
"Ah, vous n'allez pas me dire comment faire?!?!"
"Ah, .... Bon...."

Alors le Coaching un truc "à la mode"??? Pas vraiment! Dans la profession, nous aimons à considérer SOCRATE (470-399 av J.C.) comme le premier Coach de l'histoire... Le fils de Phénarète, la sage-femme, disait que, comme sa mère faisait accoucher les femmes, lui faisait accoucher les esprits des pensées qu'ils contenaient déjà...
Son fameux "Connais toi toi-même..." gravé au fronton du Temple d'Apollon à Delphes en serait, en quelque sorte, la quintessence.

Car en effet, le rôle du Coach n'est ni de conseiller, ni d'apporter des solutions "prête à l'emploi", et encore moins de poser que ceci serait "bon" et cela "mauvais"... mais bien de permettre à celui à coté de qui il marche, de se connaître, et se connaître tant et si bien qu'il sera en mesure de prendre les bonnes décisions, de faire les bons choix pour atteindre ses propres objectifs... 

Un des "pré-supposés" du Coahing est que l'Homme est Intelligent: il sait ce qu'il a à faire, et comment il doit le faire...
Parfois, il n'en a juste pas tout à fait conscience: le rôle du Coach est alors de l'amener à être pleinement conscient de ses talents, de ses compétences, de ses ressources... 

Et aussi de ses contradictions... Comme le faisait SOCRATE, il y a... 25 sciècles!


samedi 2 avril 2011

De la Bienveillance, ou "Les trois passoires de Socrate"

Socrate avait, dans la Grèce antique, une haute opinion de la sagesse. Quelqu'un vient un jour trouver le grand philosophe et lui dit :
"Sais-tu ce que je viens d'apprendre sur ton ami?
- Un instant, répondit Socrate. Avant que tu me racontes, j'aimerais te faire passer un test, celui des 3 passoires...
- Les 3 passoires?
- Mais oui, reprit Socrate. Avant de me raconter toutes sortes de choses sur mon ami, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que tu aimerais me dire. C'est ce que j'appelle le test des 3 passoires.
La première passoire est celle de la Vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai?
- Non, j'en ai simplement entendu parler...
- Très bien, tu ne sais donc pas si c'est la vérité. Essayons de filtrer autrement en utilisant une deuxième passoire, celle de la Bonté. Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bon ?
- Ah non ! Au contraire.
- Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n'es même pas certain si elles sont vraies. Tu peux peut-être encore passer le test, car il reste une passoire, celle de
l'Utilité. Est-il utile que tu m'apprennes ce que mon ami aurait fait ?
- Non, pas vraiment.
Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n'est ni vrai, ni bon, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ?"

Cette "anecdote" est bien connue... Elle illustre parfaitement des comportements que nos avons tous eus un jour ou l'autre...

Quel bénéfice attendons nous dans ce cas? A quoi cela nous sert-il?
A contrario, que ne passons nous pas notre temps à dire du bien d'Autrui, si cela est juste?

A méditer!!!

vendredi 1 avril 2011

Pourquoi il faut se débarrasser du "Pourquoi?"...

Pourquoi...? 

En voilà une question!!! Et une bien vicieuse!!! 
"Pourquoi as-tu fait ci?"
"Pourquoi ne m'as-tu pas rendu ton reporting à l'heure?"
"Pourquoi avez-vous un trou de six mois dans votre C.V.?"
ad lib. ...

Il pourrait y en avoir des dizaines, des centaines, des milliers d'autres exemples...
Alors quelle bonne raison y-a-t-il à supprimer le "pourquoi" de ma communication? "Parce que"! 

"Parce que..." est la réponse systématique à la question "Pourquoi...?". Elle met mon interlocuteur en position de devoir se justifier, se défendre, prétexter de "ceci" ou de "cela". Elle le met en état d'infériorité. 
En Analyse Transactionnelle (A.T.)* on dira qu'elle le met en position "d'Enfant", tandis que j'occupe la position de "Parent". 

De surcroît, le "Pourquoi", en le mettant directement en question en tant que sujet, renvoie à des causes qui sont "intrinsèques" à celui à qui je m'adresse. Des causes parfois très profondes, liées à son Histoire, sa personnalité.

Il apparait que cela déséquilibre la relation et nuit à une communication constructive qui ne peut s'instaurer que dans le plan "Adulte", définit dans l'A.T.*, là où mon interlocuteur et moi sommes au même niveau, celui du factuel, de la réflexion constructive, dans une "transaction" d'égal à égal, dans "l'ici et maintenant".

Alors comment faire pour désamorcer le "Pourquoi" et ses effets funestes? Simplement en changeant de tournure de questionnement! Si je reprends les trois exemples ci-dessus:

"Qu'est-ce qui t'as amené à faire ci?"
"Comment se fait-il qu'il y ait eu du retard dans la restitution de ton reporting?"
"A quoi vous êtes vous occupé(e) pendant ces six mois où vous n'avez pas travaillé?"

Du coup, le sujet est "décentré", ce n'est plus mon interlocuteur qui est en question, mais les circonstances, le contexte. Il n'est donc plus en position de se justifier, mais peut se focaliser sur l'enchaînement des faits.
Et quand bien même il serait seul responsable de la situation qui pose problème, au moins sommes nous dans un mode de communication "ouvert" et qui ne met pas l'Autre en question en tant que "sujet".

Dans le quotidien, quand on me pose la question "Pourquoi?", je réponds "Peu importe le pourquoi!... Cherchons plutôt une solution!".
Essayez! Vous m'en direz des nouvelles!!! 

En entretien de Coaching, j'ai un truc: je remplace systématiquement le "Pourquoi?" par "En Quoi?". Ça me permet d'ouvrir le champ, d'élargir la réflexion de mon Accompagné(e), sans le(la) remettre en cause. 
Le "En Quoi?"  l'oblige à réfléchir sur ce qui va advenir, sur les conséquences, les bénéfices, et non sur les causes où les raisons...

C'est là que le Coach s'occupe du "Comment", et le Psy du ... "Pourquoi"!


*L’Analyse Transactionnelle (AT) est une théorie de la personnalité et de la communication. Cette théorie a été fondée par Éric Berne, médecin psychiatre américain, dans les années 1950 à 1970. Je reviendrai sur l'A.T. dans d'autres billets... C'est un très bon outil d'analyse de nos relations, et des "jeux" que nous jouons en permanence avec ceux qui nous entourent. 
Voir le très bon WIKI à ce sujet.